BROSTEAUX centrée

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Fonction(s)/Institution(s) de rattachement

ULB – Postdoctorante. Faculté de Philosophie et Sciences sociales, Centre de recherche en philosophie, Centre de recherche sur l’expérience de guerre (Maison des Sciences humaines).

Membre du Phi, Centre de recherche en philosophie, Faculté de Philosophie et Sciences Sociales de l’Université Libre de Bruxelles.

Membre du CREG, Centre de Recherche sur l’Expérience de Guerre, équipe interdisciplinaire intégrée à la Maison des Sciences Humaines de l’Université Libre de Bruxelles.

Chercheuse associée au Centre Marc Bloch, Berlin. Pôle de recherche « L’art de la critique » / « Die Kunst der Kritik ».

Axes/thématiques de recherche

Héritages affectifs / Europe post-1945 / Désir et politique / Après-vies du nazisme / Nouveau cinéma allemand / Héritages coloniaux.

Présentation narrative

Ses champs de recherche comprennent l’étude culturelle des affects en temps de guerre, les rapports entre esthétique et politique, les philosophies politiques du désir au XXe siècle. Elle a réalisé une thèse de doctorat en philosophie sur des auteurs allemands du XXe siècle (Benjamin, Sebald, Theweleit,…), dans laquelle elle explore les constellations affectives qui s’inscrivent dans l’histoire guerrière de la modernité. 

Elle mène actuellement une recherche postdoctorale sur la question des héritages affectifs dans l’après-guerre allemand (Theweleit, Wesper, Kluge, Syberberg, Sanders-Brahms…) qui se confrontent à l’héritage du nazisme dans le présent.

Projets de recherche

Projet de recherche actuel : Les héritages affectifs. Après-vies du nazisme et puissances esthétiques de transformation dans l’après-guerre ouest-allemand (1970-1980)

Ce projet a pour fil la question qui a hanté toute une génération au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale et n’a cessé de nous hanter depuis : comment vivre une vie non fasciste, lorsque l’histoire et la culture dont nous héritons apparaissent comme profondément compromis par les crimes du nazisme ? Comment transformer cet héritage – et, pour ce faire, de quelles histoires hériter – pour ne pas en reconduire la violence ?

Afin de développer cette philosophie des héritages affectifs, je noue un dialogue entre la génération de la première théorie critique allemande, génération d’exilés, et la mise au travail des héritages intimes dans le cinéma et la littérature de l’après-guerre ouest-allemand. Plus particulièrement, je me tourne vers la génération des Kriegskinder, encore appelée la Wiederaufbau-Generation, soit la génération née dans la guerre (ou peu avant ou peu après) – et, plus précisément, vers les enfants de celles et ceux qui ont porté Hitler au pouvoir, ou qui ont laissé le nazisme s’installer.

L’objectif de ce projet, qui développe une approche esthétique d’enjeux sociaux et historiques, est de construire un concept d’héritage affectif permettant de penser ensemble à la fois les modes de persistance historique, les dimensions processuelles ou revenantes de l’héritage de la violence, et l’héritage comme lieu dans lequel puiser des forces de transformation.

Ce projet est motivé par l’insistance contemporaine de ces questionnements : les guerres mondiales du siècle dernier, les génocides, l’histoire coloniale, nous mettent face à des passés qui ne « passent » pas ; tandis que les formes actuelles d’exacerbation et de multiplication des pouvoirs autoritaires invitent à la remise au travail des théories du « fascisme » héritées de l’entre-deux-guerres et de l’après-guerre, en ce qu’elles permettent justement de penser les relations aux fascismes historiques non pas sur le mode de l’identification ni même de l’analogie, mais à partir d’une conception d’un temps historique marqué par des phénomènes d’après-vie (Nachleben, Warburg[i]), de reprise des dimensions inachevées du passé (Bloch[ii]), de processualité (Toscano[iii]). L’une des perspectives de cette recherche est ainsi de construire une approche permettant de nourrir des débats théoriques actuellement vivaces sur le contemporain.

 

Les désirs guerriers de la modernité (Seuil, 2025) :

Ma thèse de doctorat, soutenue en 2023, part du présent ouest-européen et effectue une série de plongées dans le XXe siècle afin d’interroger l’histoire des désirs (bifides, contradictoires) qui se sont noués à la guerre et dont les nouages participent du socle de la modernité. S’appuyant sur la philosophie sensitive de la modernité de Walter Benjamin, sur les écrits de W. G. Sebald et de Klaus Theweleit, ou encore sur une longue étude des écrits de Ernst Jünger, la thèse se penche sur la Première Guerre mondiale, l’entre-deux-guerres et l’après-guerre allemands. Analysant les formes historiques des rythmes, des sensibilités et des intensités à travers lesquels ces désirs prennent forme, la thèse en explore plusieurs scènes : le désir d’intensification de l’expérience de soi qui mobilise les imaginaires en 1914-1918, l’effacement des ruines après 1945, et les dynamiques de la « froideur » dans la mise à distance de la violence de guerre. Une version remaniée de la thèse est parue en 2025 aux éditions du Seuil. 

[i] Aby Warburg, Nachhall der Antike. Zwei Untersuchungen (1922/1926), Zürich, Diaphanes, 2012 ; Georges Didi-Huberman, L'Image survivante : Histoire de l'art et temps des fantômes selon Aby Warburg, Paris, Minuit, 2002.

[ii] Ernst Bloch, Erbschaft dieser Zeit (1935), Berlin, Suhrkamp, 1985.

[iii] Alberto Toscano, Late Fascism, Londres, Verso, 2023.

Publications clés

  • Brosteaux, Les désirs guerriers de la modernité, Paris, Seuil, coll. « La couleur des idées », 2025.
  • Brosteaux et C. Lucchese (dir.), La possibilité d’une vie non-fasciste. Chroniques d’une Allemagne hantée. Édition critique de textes de Klaus Theweleit (traduits de l’allemand par C. Lucchese), Bruxelles, Météores, 2024.
  • Brosteaux et T. Berns (dir.), Traces de guerre, Dijon, Les presses du réel, coll. « Perceptions », 2023.
  • Brosteaux, « Feuerwerk und Affektpolitik. Gegensätzliche Tendenzen in einer Berliner Silvesternacht», in I. Därmann, S. Fingado et al. (dir.), Gegenkräfte, Gegenkünste. Widerspenstige Perspektiven der kulturwissenschaftlichen Ästhetik, Berlin, Kadmos, à paraître en 2026 [sous presse].
  • Brosteaux, « La fascination pour l’infâme. Sur Hitler, un film d’Allemagne de Hans-Jürgen Syberberg », in M. Goupy et N. Grangé (dir.), Grotesque. Excès et boursouflure en politique, Bruxelles, Éditions universitaires de Bruxelles, à paraître début 2026 [sous presse].

Coordonnées et visibilité

https://msh.ulb.ac.be/fr/member/deborah-brosteaux

deborah.brosteaux@ulb.be 


modifié le 26/04/2026
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