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© Pexels. Ivo Rainha.
À partir des années 1980-1990, le thème de la mémoire a acquis une importance croissante dans les sociétés européennes et à l’échelle mondiale. Au cours des dernières décennies, il a investi puissamment l’espace public, ainsi que l’opinion publique au sens large, au point de provoquer l’émergence de l’expression « memory boom ». Celle-ci revient désormais couramment pour évoquer un mouvement planétaire et sans précédent de réactivation du passé. Le taux de croissance des publications scientifiques consacrées à la thématique de la mémoire, perpétuellement en hausse, indique un intérêt persistant pour un objet qui a stimulé, et suscite encore dans de nombreuses disciplines, un renouvellement tant sur le plan théorique que sur les plans méthodologique et épistémologique.

Dans le contexte académique anglo-saxon, les Memory Studies ont désormais le statut et la reconnaissance d’une discipline à part entière, ce qui s’est traduit par la création de centres et de groupes de recherche au sein des universités, mais également par l’adaptation de l’offre de formation au nouveau relief acquis par le champ d’études ayant trait à la mémoire.  

L’Institut d’Études et de Recherche sur les Mémoires se distingue des groupes et des centres de recherches sur la mémoire, déjà existants dans le paysage national et international, tout en ayant pour objectif la valorisation de leurs divers apports. Il ne s’agit pas, en effet, de créer une institution consacrée à l’étude d’une mémoire spécifique (mémoire des guerres, mémoire de l’émigration, de la colonisation, etc.), mais de proposer une approche différente. L’Institut présente cinq éléments d’innovation majeurs :

  • Il se fonde sur un modèle fédérateur où l’objet d’étude est la mémoire elle-même
  • Il adopte une stratégie multithématique, ouverte à l’enquête sur différents aspects de la mémoire individuelle et collective
  • Il a une approche diachronique, vouée à l’analyse des phénomènes mémoriels dans la durée.
  • Il est résolument interdisciplinaire et propose une synergie inédite entre diverses disciplines scientifiques impliquées dans l’étude des mémoires. Dans cette perspective, il promeut non seulement l’interdisciplinarité au sein des sciences humaines, mais aussi entre ces dernières et les sciences et techniques, ainsi que les sciences de la santé.
  • Le partenariat avec un opérateur culturel et mémoriel comme Mnema-Cité Miroir va stimuler les liens entre le monde académique et le monde culturel dans une société en crise.

L’Institut veut fournir un espace stable d’échange et de collaboration capable de répondre au besoin d’interactions désormais largement ressenti par les chercheurs.ses qui, dans leurs domaines disciplinaires respectifs, travaillent sur l’objet « mémoire ». Il s’agira, en particulier, de favoriser les contacts entre différentes cultures scientifiques et de stimuler l’émergence de nouveaux questionnements et de nouveaux sujets de recherche grâce à l’apport d’approches méthodologiques et épistémologiques qui, trop souvent, ne sont pas mises en condition de dialoguer entre elles.  

updated on 26/11/2025
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